Richard Sammel

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Richard Sammel

Acteur

Interview de Richard Sammel -2022

par Lucie Ayer

À l'affiche de la série Arte «La corde», Richard Sammel nous a accordé une interview pour nous permettre d'en savoir plus à propos de cette série qui s'articule autour de questionnements existentiels. Notamment à travers la quête d'une équipe de chercheurs en astrophysique. Il fait partie des rares acteurs ayant expérimenté une grande variété de genres cinématographiques. Grâce à son éclectisme et son expérience, son point sur le cinéma rend sa réflexion, qu'il a partagé avec nous, très enrichissante.

.1)- qu'est-ce qui vous a donné envie de faire partie de ce projet lorsque vous avez pris connaissance du scénario?

La série ne fait pas réellement partie du genre fantastique, dans le sens où habituellement, dans les séries fantastiques, il y a souvent un élément surnaturel qui apparaît pour donner du «peps», et apporter de la dynamique. Et parfois, lorsque l'on fait entrer le fantastique, on laisse porte ouverte à tout et n'importe quoi. Je ne suis pas très fan de cela. Je suis un fan de l'imaginaire, tant qu'on le laisse libre. Et s'est exactement ce qui se passe dans cette série. La chose la plus fantastique, c'est le moment où la corde est au premier plan, et les poils se dressent comme si elle était vivante. Ça m'a beaucoup plus parce que j'y ai vu une sorte d'exigence autrement plus forte que la facilité de ramener un élément surnaturel pour dynamiser le récit. À ça, s'ajoute toute là partie métaphysique, et le rapport au questionnement existentiel. Ça m'a aussi beaucoup plu.

2) En quoi la préparation du rôle de Bernhardt Muller a-t-elle été différente des autres rôles que vous avez pu jouer dans des productions d'autres genres cinématographiques?

Chaque genre a des codes qu'il faut respecter. Dans les films qui s'apparentent aux films d'auteur, comme «la corde», il ne faut rien d'autre que l'interaction entre les humains. Et c'est ça qui me plaît, car c'est ce que nous sommes. Ce genre de film permet de remettre les interrogations de l'être humain au centre. Donc dans un premier temps, pour ne pas anticiper, dans un certain sens, ce côté fantastique ou cette quête vers l'inconnu, je me suis préparé essentiellement en tant qu'astrophysicien et chef de station. Un directeur de centre d'astrophysique est venu nous expliquer le fonctionnement. Il avait une connaissance très précise de ce qu'est notre spécialité dans le film. C'était très important de pouvoir parler en connaissance de cause. On devient le temps du tournage des spécialistes de ce qu'on est censé incarner. Il y a aussi la relation avec ma femme jouée par Suzanne Clément.On a préparé un rapport qu'on a voulu simple et direct. Et j'ai aussi pris 6kg pour ne pas être trop maigre. Je me suis laissé pousser la barbe, pour avoir une apparence facile à entretenir de chercheur. C'était finalement une préparation assez classique, et c'était étonnement clair.

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3) Votre parcours révèle un caractère «multifacette», que l'on perçoit à la fois dans votre pratique de différentes disciplines : musique, danse, acting. Des 5 langues que vous parlez. Et vous explorez également une grande variété de genres cinématographiques. Si vous deviez en choisir un seul, lequel serait-ce?

J'ai lutté toute ma vie pour ne pas me faire enfermer dans une case. Ça a commencé en tant que comédien de théâtre. Je voulais en même temps faire du cinéma ou de la télé et cela n'était pas très bien compris. J'ai également été danseur, et il y a un conflit qui se crée. Soit vous êtes danseur, soit vous êtes comédien. Je jouais en France et en Allemagne, et on me disait «il faut que tu te décides». Un quart de tous mes films sont des films où je joue des rôles de nazis, mais j'ai réussi à me libérer de ça, car on voulait m'enfermer dans cette case. On me voyait comme le nazi attitré, j'ai dit stop! Je ne suis pas un nazi prêt à l'emploi. Je suis comédien surtout. Même une cage dorée est une cage. Je suis quelqu'un qui raconte des histoires, et l'histoire que je veux raconter c'est l'histoire du personnage que je joue. Si je ne vois pas de possibilité qu'elle soit un tant soit peu comprise et développée, je dis non. Au final, film d'auteur ou grosse production Hollywoodienne, j'ai tendance à choisir des films qui s'accrochent plus à quelque chose d'intimiste. Et on peut faire des films extrêmement intimistes, dans n'importe quel genre. Et je me réjouis d'avoir eu la liberté d'en exploré une grande variété.

clair.

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4) Que pensez-vous du format de la série, comparé à celui du film?

Sur ces 30 dernières années, la série a sauvé la télé, qui devenait une «poubelle à pub, de tout et n'importe quoi» Un peu comme internet quand on l'utilise mal. Avec les premières séries «Les soprano», «Twin Peaks»... On a commencé à récupérer quelque chose qu'on avait perdu, la notion du temps. Ça permet aux comédiens d’expérimenter l'incarnation d'un personnage sur une période beaucoup plus longue, qui peut aller jusqu'à plusieurs années parfois. Comme on peut le percevoir par exemple dans la série «Un village Français» avec les personnages qui sont des enfants au début, et qui deviennent presque adultes à la fin de la série. Mais les films sont aussi très bien, car ce format permet de dynamiser le récit. Et donc ça oblige d'aller à l'essentiel. C'est en fait un équilibre à trouver, pour ne pas perdre l'objectif, et que la série, au fur et à mesure des saisons, ne devienne pas insipide. Afin que ça ne devienne pas juste une histoire d'argent, il faut que ça soit l'histoire même qui motive. Comme on peut le voir par rapport à ce que je fais, en matière de séries, je choisis plutôt des mini séries. Chaque chose a une amplitude maximale à travers laquelle elle peut être explorée. Pour certaines c'est plus long, pour d'autres c'est plus court. «C'est comme les histoires d'amour», ça dépend de la qualité avec laquelle on la vis. Certaines sont pétillantes et durent quelques années et d'autres vont durer toute une vie. Il n'y a pas de loi.

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5) Quels sont vos projets à venir?

Je suis dans une situation très heureuse parce que le Covid avait bloqué certains de mes projets, qui au final sont en train d'exploser. Je reviens tout juste d'Italie où je tourne une série qui sera diffusée à la télé italienne et allemande, pour commencer des répétitions d'un «seul en scène» avec le metteur en scène Stéphane Olivier Bisson. Il sera joué en France notamment, Avignon, Paris, Sète, Nice... Une tournée sera aussi établie en Allemagne car c'est un projet sur lequel je travaille depuis longtemps, qui sera également joué à Londres et à New York en anglais. Dans le but de partager cette expérience éblouissante que de jouer en plusieurs langues le même spectacle. Et de faire comprendre aux spectateurs que la langue influe sur le sens même des choses que l'on dit.

Je vais également commencer le tournage d'une grosse production américaine l'été prochain, à Barcelone. Il y aura des grandes stars, dont je tairais les noms. J'y joue un des rôles principaux, un docteur qui travaille sur tout ce qui est possible génétiquement, pour allonger la vie, augmenter la capacité cérébrale, et sauver ceux qui sont incurablement malades. Des sujets tels que là Télékinésie et la neuroplasticité y sont aussi traités. Je serais également producteur exécutif parce que je suis très impliqué dans ce projet.

Je serais ensuite au théâtre durant les 3 derniers mois de cette année 2022. avec Jean-François Balmer pour une pièce à deux, qui s'appelle «Diplomatie».

J'ai eu la chance également de commencer l'année dernière, une série Western dont le tournage de la deuxième saison commencera en début d'année 2023.

Il y aussi un film dont j'aimerais parler, d'une jeune auteure Charlie Vincent, qui a écrit un roman autobiographique qui s'appelle «Jacques à dit... suce». Elle s'est auto-produite et le succès a été tel que le ministère de la santé à subventionné une tournée de 120 dates pour son adaptation théâtrale. Elle a écrit le scénario qu'elle va coréaliser cet été dans lequel je vais jouer également. C'est un vrai film d'auteur qui retranscrit un hymne à la vie que je n'ai pas lu depuis longtemps.

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The strain (2014-2017)

actuellement sur Disney + 

réalisé par Guillermo del toro

avec Corey Stoll, David Bradley, Kevin Durand

et Richard Sammel

dans le rôle récurent de Thomas Eischorst

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The head (2020)

série fantastique actuellement sur Canal +

Richard Sammel  pour le rôle récurrent  de

"Erik Osterland"

réalisé par David O'Russel

avec

John Lynch, Katharine O'Donnelly,

Alexandre Willaume

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Le nom de la rose (2019)

Actuellement sur OCS

Richard Sammel pour le rôle récurrent de

"Malachia da Hildesceim"

réalisé par Giacomo Battiato

avec

John Turturro, Ruppert Everett, Damian Hardung

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Inglorious Basterds (2009)

Long métrage

réalisé par Quentin Tarantino

avec Richard Sammel l pour le rôle du "Sergent Rachtman"

avec Brad Pitt , Christoph Waltz,

Michael Fassbinder, Diane Kruger...

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Taxi (1998)

réalisé par Gerard Pires

avec Samir Naceri, Marion Cottillard ...